Recevoir un client quand on n’a pas de bureau : les options qui tiennent la route

Recevoir un client quand on n’a pas de bureau : les options qui tiennent la route

Recevoir un client sans bureau coûte entre 0 et 40 € par rendez-vous selon la formule retenue, et l’option gratuite est souvent la plus coûteuse. Quatre solutions existent quand on travaille de chez soi : la salle louée à l’heure, l’abonnement en espace partagé, le café, et le déplacement chez le client. Le bon choix dépend d’un seul chiffre, le nombre de rendez-vous par mois.

Peut-on recevoir un client chez soi quand on y travaille ?

Juridiquement, c’est possible, mais rarement sans conditions. Un locataire, un copropriétaire ou un propriétaire en lotissement peuvent tous se heurter à une clause qui interdit la réception de clientèle, même quand elle autorise l’exercice d’une activité. La distinction est nette dans les textes : domicilier son siège chez soi et y faire venir du public sont deux choses différentes, la seconde étant beaucoup plus encadrée que la première. Le sujet est traité en détail dans notre article sur les règles de la domiciliation à son domicile.

Reste le côté pratique, qui tranche souvent avant le juridique. Une consultante qui reçoit dans son salon fait entrer un client dans sa vie privée, avec le chien, les manteaux et la machine à laver derrière la cloison. Certains métiers s’en accommodent très bien. D’autres y perdent en crédibilité avant même d’avoir parlé du devis.

Le café : gratuit, et c’est là que ça coûte le plus cher

Deux express : 3,20 €. Difficile de faire moins cher, et c’est pour ça que la moitié des indépendants y tiennent leurs rendez-vous. Le problème n’est pas le bruit, même s’il complique tout dès qu’on veut montrer un écran. Le problème est ce qui se dit à voix haute.

Un rendez-vous client comporte presque toujours des informations qui ne devraient pas circuler : un chiffre d’affaires, un litige en cours, des noms, parfois des données personnelles. La CNIL recommande expressément de ne pas évoquer d’informations sensibles dans les lieux publics et de protéger les écrans consultés hors des locaux professionnels. Un indépendant qui traite des données pour le compte de ses clients est tenu à ces précautions comme n’importe quelle entreprise.

Le café reste très bien pour un premier contact, une prise de brief générale, un point d’étape informel. Il devient inadapté dès qu’il y a un document à signer, un tarif à négocier ou un dossier à ouvrir.

Louer une salle à l’heure : comment ça marche vraiment

La plupart des espaces partagés louent leurs salles de réunion à des non-abonnés, ce que beaucoup d’indépendants ignorent. On réserve en ligne, souvent la veille pour le lendemain, et on paie à l’heure ou à la demi-journée. En Bretagne et en Pays de la Loire, les ordres de grandeur constatés vont d’une quinzaine d’euros de l’heure dans un tiers-lieu associatif à une quarantaine dans un centre d’affaires de centre-ville, la demi-journée revenant généralement moins cher que trois heures cumulées.

Trois détails changent l’expérience et ne figurent jamais sur la grille tarifaire. Le premier : y a-t-il un accueil qui indique la salle à votre client, ou devra-t-il vous appeler depuis le parking ? Le deuxième : l’écran est-il compatible avec votre ordinateur, ou faudra-t-il un adaptateur que personne n’a ? Le troisième : le stationnement, qui détermine si votre client arrive détendu ou à dix heures douze.

Au-delà des espaces de coworking, les mairies, les pépinières d’entreprises et les chambres consulaires louent aussi des salles, souvent à des tarifs plus bas et avec un vrai parking. Elles se réservent par téléphone, ce qui les rend invisibles sur les moteurs de recherche.

À partir de combien de rendez-vous l’abonnement devient moins cher ?

Le calcul tient en deux lignes et mérite d’être fait une fois pour toutes. Un rendez-vous de deux heures dans une salle à 20 € de l’heure revient à 40 €. Quatre rendez-vous par mois, c’est 160 €. Or un abonnement à temps partiel en espace partagé se situe dans cette zone de prix, et il inclut généralement un crédit d’heures de salle de réunion.

Le basculement se situe donc autour de trois à cinq rendez-vous mensuels selon les tarifs locaux. En dessous, la location à l’unité gagne largement. Au-dessus, l’abonnement coûte le même prix et apporte en plus une adresse, un poste de travail et des voisins. Nos fourchettes complètes figurent dans l’article consacré aux tarifs d’un espace de coworking, et les critères de choix dans celui sur la sélection d’un espace.

Un point souvent oublié dans ce calcul : le temps de trajet. Une salle à quinze euros à trente-cinq minutes de chez soi coûte plus cher qu’une salle à vingt-cinq euros à dix minutes, dès lors qu’on facture sa journée.

Se déplacer chez le client : l’option qu’on oublie de chiffrer

Aller chez le client règle la question du lieu, flatte l’interlocuteur et permet de voir son environnement de travail, ce qui vaut souvent trois questions de brief. En zone rurale, où les salles disponibles sont rares, c’est fréquemment la seule option raisonnable.

Elle a un coût que peu d’indépendants calculent. Quatre-vingts kilomètres aller-retour, c’est environ une heure trente de conduite et une trentaine d’euros de frais de véhicule. Sur trois rendez-vous mensuels, on dépasse le prix d’un abonnement, sans compter la fatigue. La règle empirique qui revient chez les indépendants expérimentés : on se déplace pour un client acquis ou pour un devis important, on fait venir pour un premier contact.

Ce que ça change de ne plus recevoir chez soi

Le bénéfice le plus cité n’est pas l’image, c’est la séparation. Recevoir ailleurs oblige à sortir, à s’habiller autrement, à préparer ses documents avant de partir. Beaucoup d’indépendants décrivent des rendez-vous plus courts et mieux tenus depuis qu’ils ont arrêté de les faire dans leur cuisine.

C’est d’ailleurs l’un des arguments qui reviennent chez ceux qui franchissent le pas de l’espace partagé, au-delà du poste de travail lui-même. Nous avions détaillé ce que le coworking apporte concrètement, et comparé les deux modes de vie dans coworking ou bureau à domicile. La question du lieu de rendez-vous suffit rarement à justifier un abonnement à elle seule. Elle finit souvent par faire pencher la balance.

Questions fréquemment posées
Publié le Catégories Coworking