La comptabilité est le poste où les dirigeants de TPE ont le plus de mal à savoir ce qu’ils achètent. On paie entre 200 et 400 € par mois à un cabinet, on lui envoie un carton de justificatifs en janvier, on récupère un bilan en juin, et on ne voit jamais son comptable entre les deux. Quand l’entreprise fait 60 000 € de chiffre d’affaires, la facture représente plusieurs semaines de travail par an. C’est beaucoup pour un document qu’on ne lit pas.
Je suis client de Dougs depuis plus de dix ans, avec une société de services installée aujourd’hui en Mayenne. Ce n’est pas un article commandé : c’est le retour d’un dirigeant qui a testé la promesse sur la durée, y compris sur des opérations que l’on ne fait qu’une fois ou deux dans une vie d’entreprise.
Dougs n’est pas un logiciel de comptabilité
C’est la confusion la plus fréquente, et elle change tout. Dougs est un cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, basé à Lyon, qui a développé sa propre application et vend les deux dans un abonnement unique. Ce sont des experts-comptables diplômés qui attestent le bilan, avec la responsabilité professionnelle qui va avec.
La différence avec Pennylane, Indy ou Tiime est là : ces derniers sont des éditeurs de logiciel, il faut leur adjoindre un cabinet et payer les deux séparément. Chez Dougs, le logiciel et le cabinet sont indissociables. Vous ne choisissez pas votre comptable, mais vous ne payez qu’une ligne.
La société a été créée en 2015, s’est développée sans lever d’argent pendant huit ans, puis a bouclé une première levée de 25 millions d’euros en 2023. Elle revendique aujourd’hui plus de 49 000 clients, contre 14 000 il y a trois ans. Sur un marché où les cabinets traditionnels perdent des dossiers TPE sans vraiment savoir pourquoi, la trajectoire dit quelque chose.
Le fonctionnement au quotidien : vous catégorisez, ils contrôlent
L’application se connecte à votre banque et récupère les opérations en continu. Votre travail consiste à leur attribuer une catégorie comptable : cet achat est une fourniture, ce virement est une rémunération, ce prélèvement est un abonnement logiciel. Une fois qu’une opération est classée, les suivantes du même type sont pré-catégorisées automatiquement. Au bout de quelques mois, il reste surtout à valider.
Comptez une demi-heure par mois en rythme de croisière pour une petite structure. Les notes de frais se photographient depuis le téléphone et se rapprochent seules des transactions bancaires. Les échéances fiscales arrivent en notification : TVA, CFE, impôt sur les sociétés. Selon la formule, la télédéclaration se fait en un clic depuis l’application, ou vous recopiez les montants calculés sur impots.gouv.
Il faut être honnête sur ce que cela implique : le prix bas s’obtient en déplaçant la saisie vers le dirigeant. Si vous cherchez à déposer un carton et à ne plus y penser, ce modèle ne vous conviendra pas. Si vous êtes à l’aise avec un tableau de bord et que vous voulez voir votre trésorerie et votre résultat en temps réel plutôt qu’en juin de l’année suivante, c’est exactement le bon outil.
De la création d’entreprise au bilan
Le périmètre couvre à peu près tout ce qu’une TPE rencontre. La création d’entreprise se fait avec un juriste dédié : rendez-vous de cadrage sur la forme juridique, rédaction des statuts, immatriculation. Elle est facturée 150 € HT, hors frais de greffe et d’annonce légale, et remboursée si vous prenez ensuite un abonnement comptable. C’est le moment où se tranche l’arbitrage entre micro-entreprise et SASU, qui se chiffre plus qu’il ne se raisonne, et le juriste fait tourner les deux scénarios avec vous.
Ensuite viennent la tenue comptable, les déclarations de TVA, le bilan, le compte de résultat et la liasse fiscale attestée. Les formalités juridiques annuelles, procès-verbal d’assemblée générale ordinaire et dépôt des comptes, sont incluses à partir de la formule Sérénité. La paie et les DSN sont en option à partir de 15 € HT par bulletin, avec un gestionnaire dédié. Le bilan est annoncé en quinze jours en moyenne après remise du questionnaire annuel, et sur mes derniers exercices ce délai a été tenu.
Le conseil est illimité et compris dans l’abonnement : comptables, juristes, fiscalistes et gestionnaires de paie répondent par tchat, mail ou téléphone du lundi au vendredi. C’est le point qui fait la différence avec un simple logiciel, et c’est aussi celui qui demande une nuance, j’y reviens plus bas. Si vous en êtes encore à construire votre business plan, sachez que cet accompagnement démarre après l’immatriculation, pas avant.
Les tarifs, sans mauvaise surprise en fin d’année
Tous les montants sont hors taxes et mensuels, sans engagement, avec trente jours d’essai sans carte bancaire. Ils sont fixes quel que soit le nombre d’opérations bancaires, ce qui évite la facture de régularisation que certains cabinets envoient en janvier.
Pour les sociétés (SASU, SAS, EURL, SARL), la formule Liberté est à 79 € et couvre le bilan attesté, la liasse fiscale et le suivi des déclarations. Sérénité passe à 99 € et ajoute la télédéclaration en un clic, le PV d’assemblée générale et le dépôt des comptes, frais de greffe inclus. Exclusivité est à 129 € avec un comptable dédié et un bilan prioritaire. La formule PME à 159 € ouvre la comptabilité d’engagement, indispensable si vous facturez avec des délais de paiement longs ou si vous gérez plusieurs sociétés.
Pour une entreprise individuelle en BNC ou une profession libérale, la formule Essentiel démarre à 49 €. Pour de la gestion immobilière, SCI à l’impôt sur les sociétés ou location meublée non professionnelle, Immo Liberté est à 39 € plus 10 € par bien supplémentaire, un bien étant défini par son adresse.
Sur un exercice complet, une SASU sans salarié en formule Sérénité revient à environ 1 200 € HT par an. Le devis d’un cabinet local pour le même périmètre tourne plutôt entre 2 000 et 3 000 €. L’écart n’est pas anodin quand on démarre.
Le vrai test : transférer son siège social
Les abonnements se ressemblent tous tant qu’il ne se passe rien. C’est quand une opération sort de la routine que l’on voit ce que vaut un cabinet.
J’ai transféré le siège de ma société vers les Pays de la Loire. Sur le papier, c’est une ligne d’adresse. Dans les faits, c’est une modification statutaire, une décision d’associé à rédiger, une publication d’annonce légale, un dossier à déposer et un changement de greffe puisque l’on quitte le ressort d’un tribunal de commerce pour un autre. Chaque étape a sa pièce justificative et son ordre à respecter, et une erreur dans la chaîne fait revenir le dossier avec un rejet.
Le juriste Dougs a pris la main sur l’ensemble. Je n’ai eu à fournir que les informations qu’il me demandait et à signer ce qu’il me préparait. Pour une opération que l’on fait une fois dans la vie d’une entreprise, avoir un professionnel qui la traite en routine change complètement la charge mentale. C’est précisément ce qu’on paie dans un cabinet, et c’est ce qui manque quand on n’a qu’un logiciel.
Cet épisode dit aussi quelque chose de plus large sur l’installation d’une activité hors métropole. Trouver où travailler reste une vraie question, et l’offre de coworking en Pays de la Loire s’est étoffée jusque dans les villes moyennes. La comptabilité, elle, n’en fait plus partie : un cabinet en ligne fonctionne exactement pareil depuis un village de Mayenne ou depuis le 2e arrondissement de Lyon.
Facturation électronique : l’échéance est passée
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée par l’État. Aucune dérogation. L’obligation d’émettre arrive le 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entreprises, mais la réception, elle, est déjà là. Un PDF envoyé par mail ne compte pas : il faut un format structuré, Factur-X par exemple, transitant par une plateforme immatriculée.
Dougs a été immatriculé plateforme agréée définitive le 12 décembre 2025, dans la première vague d’opérateurs ayant passé les tests d’interopérabilité avec le portail public. Son logiciel de facturation, plateforme comprise, est à 0 €, sans obligation de souscrire l’abonnement comptable. C’est un point d’entrée gratuit et conforme pour une entreprise qui n’a encore rien fait, et il y a de quoi émettre des devis, les convertir en factures, suivre les paiements et relancer.
Avant de choisir quoi que ce soit, une question à poser à votre éditeur actuel : à quelle plateforme agréée est-il raccordé ? Il a peut-être déjà tranché pour vous. La DGFiP recensait plus de 160 opérateurs cet été, dont une petite dizaine avec une offre gratuite couvrant le socle légal.
Ce qu’il faut accepter en échange du prix
Deux réserves, que je préfère poser clairement.
En dessous de la formule Exclusivité, vous échangez avec un pool d’experts et non avec un interlocuteur fixe. C’est la critique la plus fréquente dans les avis clients : il faut parfois recontextualiser son dossier. Sur des questions courantes, la réactivité compense largement, les réponses arrivent dans la journée. Sur un dossier compliqué qui s’étale sur plusieurs semaines, la formule à 129 € avec comptable dédié se justifie.
Le conseil est réactif plutôt que proactif. Personne ne vous appellera en novembre pour vous suggérer d’arbitrer entre salaire et dividendes avant la clôture, alors que la façon de se rémunérer selon son statut est justement là où se joue une bonne partie de l’optimisation. Il faut poser la question. Quand on la pose, la réponse est solide et argumentée, mais l’initiative vous appartient. Un bon cabinet local qui vous connaît depuis quinze ans fera mieux sur ce terrain, et c’est un vrai argument à mettre dans la balance si votre situation patrimoniale est complexe.
Enfin, tous les secteurs ne sont pas acceptés et le cabinet reste libre de refuser un dossier. Le point se vérifie en quinze minutes avec un conseiller avant de démarrer l’essai.
Pour quelle entreprise de la région ?
Si vous êtes indépendant, artisan, commerçant ou dirigeant d’une petite société de services, que votre comptabilité repose sur des flux bancaires lisibles et que vous êtes à l’aise avec une application, le rapport qualité-prix est difficile à battre. Vous gagnez la visibilité en temps réel sur vos chiffres, que le cabinet traditionnel ne vous donne quasiment jamais.
Si vous avez plusieurs salariés, des stocks, une activité à l’international ou une structuration patrimoniale à construire, la question mérite d’être posée autrement. La formule PME couvre une partie de ces cas, mais un cabinet de proximité qui connaît votre écosystème local garde de vrais atouts.
Le bon protocole, dans tous les cas : prendre le rendez-vous de quinze minutes, vérifier que votre activité est prise en charge, lancer l’essai de trente jours et regarder concrètement comment se passe la catégorisation d’un mois de relevés. C’est en faisant l’exercice qu’on sait si le modèle vous convient, pas en lisant un comparatif.
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