« Un indépendant n’aura jamais de retraite. » C’est faux. Un entrepreneur cotise pendant son activité et touche une pension, y compris sous le statut de micro-entrepreneur. En 2026, l’âge légal de départ est de 64 ans, et ce qui change tout, c’est votre statut : travailleur non salarié (TNS) ou assimilé salarié. Voici comment se construit votre retraite, statut par statut, avec les seuils à atteindre.
Un entrepreneur a-t-il vraiment droit à une retraite ?
Oui. La retraite se construit à partir des cotisations versées pendant l’activité. Un entrepreneur qui cotise valide des trimestres et ouvre des droits, comme un salarié. Depuis quelques années, les régimes se sont d’ailleurs rapprochés : la Sécurité sociale des indépendants a été intégrée au régime général. L’idée reçue d’une pension d’indépendant forcément misérable mérite d’être regardée au cas par cas, car elle dépend surtout de ce que vous avez cotisé.
Comment valide-t-on ses trimestres ?
Un entrepreneur ne valide pas ses trimestres au temps travaillé, mais à partir d’un montant minimum de cotisations, donc de revenu. La règle de base : il faut cotiser sur l’équivalent de 150 fois le SMIC horaire pour valider un trimestre, avec un maximum de 4 par an. Un chiffre d’affaires nul n’ouvre aucun droit. Autrement dit, ce n’est pas le fait d’être inscrit qui compte, mais bien ce que vous encaissez.
Micro-entrepreneur : quel chiffre d’affaires pour valider 4 trimestres en 2026 ?
En micro-entreprise, les trimestres se valident selon le chiffre d’affaires encaissé dans l’année. Pour valider les 4 trimestres en 2026, les seuils sont de l’ordre de :
- Vente de marchandises et hôtellerie-restauration : environ 24 600 €.
- Prestations de services artisanales et commerciales (BIC) : environ 14 300 €.
- Prestations de services et professions libérales non réglementées (BNC) : environ 10 800 €.
- Professions libérales affiliées à la Cipav : environ 11 000 €, selon un calcul spécifique indexé sur le plafond de la Sécurité sociale.
Ces montants sont directement indexés sur le SMIC horaire en vigueur : chaque revalorisation du SMIC les fait évoluer, et les chiffres exacts varient d’ailleurs d’une source à l’autre selon la date de calcul. Avant toute décision, vérifiez les seuils applicables à votre situation sur votre relevé info-retraite. En dessous, vous validez moins de trimestres. C’est un point à surveiller quand l’activité démarre doucement : mieux vaut le savoir pour ne pas découvrir un trou dans sa carrière bien plus tard.
TNS ou assimilé salarié : quelle différence pour la retraite ?
Le statut social pèse lourd. En SASU ou SAS, le dirigeant assimilé salarié relève du régime général et cotise davantage, ce qui construit généralement une meilleure retraite, mais coûte plus cher en cotisations. Le TNS (micro-entrepreneur, gérant majoritaire de SARL, EI) cotise moins, donc paie moins, mais accumule aussi moins de droits. Aucun des deux n’est « meilleur » dans l’absolu : tout dépend de votre priorité entre revenu immédiat et protection à long terme. Ce choix rejoint directement la question de savoir comment se salarier en tant qu’entrepreneur.
Comment améliorer sa future pension ?
Trois leviers reviennent souvent : viser un revenu suffisant pour valider ses 4 trimestres chaque année, ouvrir un plan d’épargne retraite (PER) qui réduit aussi l’impôt, et vérifier régulièrement son relevé de carrière. Si vous montez votre projet, autant intégrer la retraite dans vos prévisions dès le départ : notre guide pour se faire aider sur son business plan vous oriente vers les bons conseillers. Pour estimer vos droits et consulter les seuils en vigueur, le simulateur officiel de l’Assurance retraite (info-retraite.fr) reste la référence.
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