Refaire son site internet quand on est artisan : à quel moment, et à quel coût

Refaire son site internet quand on est artisan : à quel moment, et à quel coût

Refaire son site internet quand on est artisan coûte entre 1 500 et 6 000 € selon l’étendue du chantier, et se justifie dans quatre situations précises. En dehors de ces quatre cas, le problème n’est pas le site : c’est ce qu’il y a écrit dedans. Un artisan qui refait un site vide obtient un site vide plus joli, pour le prix d’une refonte.

Faut-il refaire son site, ou juste le remplir ?

Dans la majorité des cas que nous voyons passer, la réponse est : le remplir. Un site d’artisan qui ne génère aucun appel a presque toujours le même profil. Cinq pages, dont trois d’une centaine de mots, une page « Nos réalisations » avec quatre photos de 2019, aucune page dédiée à une prestation précise, aucune mention de la zone d’intervention au-delà du nom de la commune. Ce site-là n’a pas un problème de design. Il n’a rien à dire, et Google n’a rien à en faire. Le refaire à l’identique avec un thème plus récent produira exactement les mêmes résultats, avec une facture en plus. La question utile n’est donc pas « mon site est-il vieux ?» mais « y a-t-il, sur ce site, une page capable de répondre à la question que tape un client ?». Si la réponse est non, le budget doit aller au contenu avant d’aller au code.

Les quatre signes qui justifient vraiment une refonte

Le site n’est pas utilisable sur téléphone. Pas « un peu étroit » : illisible, avec des boutons qu’on rate et un numéro qu’on ne peut pas appeler d’un doigt. Comme l’essentiel du trafic d’un artisan local arrive depuis un mobile, souvent depuis une fiche Google, le sujet est réglant.

Le socle technique n’est plus maintenu. Un WordPress bloqué sur une vieille version de PHP, des extensions abandonnées depuis des années, un thème acheté une fois et jamais mis à jour. Là, le risque n’est plus commercial mais sécuritaire, et une refonte revient souvent moins cher qu’un dépannage après piratage.

L’activité a changé et le site raconte l’ancienne. Un plaquiste devenu poseur de menuiseries, un artisan qui a arrêté le dépannage pour ne faire que de la rénovation complète. Quand la structure des pages ne correspond plus aux prestations, la retoucher revient à tout reprendre.

Personne ne peut modifier le site. C’est le cas le plus fréquent et le plus coûteux. Site fait par un neveu parti à l’étranger, accès perdus, nom de domaine enregistré au nom d’un ancien prestataire. Un site qu’on ne peut pas mettre à jour est un site mort, quel que soit son âge.

Ce qu’on garde d’un ancien site, ce qu’on jette

Une refonte n’est pas une page blanche. Il y a presque toujours de la valeur à récupérer, et des choses à abandonner sans regret.

  • On garde : le nom de domaine, dans tous les cas, même moche. Les adresses des pages qui reçoivent du trafic. Les photos de chantiers, retravaillées. Les textes qui décrivent un savoir-faire précis. Les avis, qui vivent de toute façon sur la fiche Google.
  • On jette : les pages « Bienvenue sur notre site », les carrousels d’images décorative, les formulaires à douze champs, les mentions de partenaires disparus, et les textes achetés au kilo qui parlent de « votre projet » sans jamais dire ce qu’on fait.

Le nom de domaine mérite une insistance particulière. Le changer, c’est repartir de zéro aux yeux des moteurs, même avec des redirections propres. Un artisan qui traîne un domaine peu élégant depuis dix ans a intérêt à le garder et à le laisser vieillir.

Combien coûte une refonte par rapport à une création ?

Les fourchettes annoncées en ligne vont de 399 € à 8 000 €, ce qui ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas ce qu’on achète. Pour un site d’artisan de cinq à dix pages, en 2026, trois niveaux se distinguent nettement.

  • Autour de 800 à 1 500 € : changement de thème, remise à plat technique, reprise des contenus existants. Utile quand le site tient debout mais date.
  • Entre 2 000 et 4 000 € : nouvelle arborescence, textes réécrits page par page, photos, redirections, remise à niveau du référencement local. C’est le format qui correspond à la plupart des situations.
  • Au-delà de 5 000 € : identité visuelle refaite, photographies professionnelles, configurateur ou demande de devis élaborée, plusieurs zones géographiques.

À prestation égale, une refonte coûte rarement moins cher qu’une création. La reprise de l’existant, l’audit des anciennes adresses et la migration prennent du temps qu’un site neuf ne demande pas. Nos fourchettes détaillées pour un premier site figurent dans l’article sur le coût d’un site internet d’artisan, et servent de base de comparaison honnête.

Les redirections : le poste que personne ne chiffre

C’est là que les refontes se cassent la figure, et c’est invisible sur un devis. Quand les adresses des pages changent, chaque ancienne adresse doit renvoyer vers la nouvelle par une redirection permanente. Sans ça, les liens accumulés depuis des années tombent dans le vide, les pages référencées disparaissent des résultats, et le trafic s’effondre trois semaines après la mise en ligne, au moment où l’artisan trouve son nouveau site très réussi.

La procédure est documentée et n’a rien de mystérieux : Google publie la marche à suivre pour un changement d’adresses. Elle demande simplement qu’on liste les anciennes pages avant de les supprimer. Un prestataire qui ne parle jamais de redirections pendant le devis n’a pas prévu de les faire.

Trois questions à poser avant de signer : qui récupère la liste des adresses actuelles, qui pose les redirections, et qui vérifie qu’elles fonctionnent quinze jours après. Si les trois réponses sont floues, la suite est prévisible. Nous avons listé d’autres signaux d’alerte dans notre guide pour choisir une agence de communication.

Ce qu’il faut refaire avant le site lui-même

Deux chantiers rapportent davantage qu’une refonte, et coûtent moins cher. Le premier est la fiche d’établissement Google, qui apparaît avant le site dans les résultats locaux et qui se travaille gratuitement : horaires, photos récentes, prestations détaillées, réponses aux avis. Notre guide de la fiche Google Business Profile pour l’artisan local détaille l’ordre des opérations.

Le second est le contenu du site actuel. Une page par prestation, une page par zone d’intervention réelle, des textes qui répondent aux questions posées en rendez-vous. Ce travail vaut aussi bien sur l’ancien site que sur le nouveau, et c’est lui qui déplace les positions. Nos repères sur le référencement local sur WordPress s’appliquent sans refonte préalable.

Côté financement, les chambres consulaires de Bretagne et des Pays de la Loire orientent vers les dispositifs d’aide à la numérisation encore ouverts, qui varient d’une année et d’un territoire à l’autre. Le réflexe utile est d’appeler sa CCI ou sa chambre de métiers avant de signer, pas après : la plupart des aides ne sont pas rétroactives.

Le calendrier réaliste d’une refonte

Comptez six à dix semaines pour un site d’artisan, dont la moitié en attente de la matière : photos, textes validés, réponses aux questions du prestataire. C’est presque toujours l’artisan qui retarde son propre projet, non par mauvaise volonté mais parce que rédiger le descriptif de six prestations demande des soirées qu’on n’a pas après dix heures de chantier.

La parade tient en une ligne : préparer les contenus avant de commander le site. Un dossier avec quarante photos triées et six fiches prestations écrites à la main fait gagner un mois, et souvent quelques centaines d’euros.

Questions fréquemment posées
Publié le Catégories Communication